Kermesse de l'école, tournoi du club, fête de quartier, repas de fin d'année : dans la plupart des événements associatifs, la buvette est le premier poste de recettes. Quelques boissons fraîches, des crêpes, une équipe de bénévoles motivés, et vous financez une belle partie de votre projet en une journée. Mais dès que l'on vend des boissons — et à plus forte raison des boissons alcoolisées — on entre dans un cadre réglementé : autorisation du maire, catégories de boissons limitées, nombre d'ouvertures plafonné, affichages obligatoires. Ce guide fait le point, en langage simple, sur ce qu'un bureau d'association doit savoir avant d'installer son comptoir.
Buvette temporaire : de quoi parle-t-on exactement ?
En droit français, vendre des boissons à consommer sur place relève de la réglementation des débits de boissons. Les bars et restaurants doivent détenir une licence permanente. Les associations, elles, bénéficient d'un régime allégé : le débit de boissons temporaire, souvent appelé « buvette », ouvert le temps d'une manifestation.
Concrètement, votre association n'a pas besoin d'acheter une licence pour tenir une buvette lors de sa kermesse. En revanche, elle doit obtenir une autorisation préalable du maire de la commune où se déroule l'événement, et respecter des règles strictes sur les boissons proposées.
À noter : si votre buvette ne propose que des boissons sans alcool, la démarche est beaucoup plus légère — dans la plupart des cas, aucune autorisation spécifique n'est exigée pour la simple vente de boissons non alcoolisées. Par prudence, mentionnez tout de même la buvette dans votre déclaration d'événement en mairie : chaque commune a ses usages.
Quelles boissons avez-vous le droit de vendre ?
La loi classe les boissons en groupes, et une buvette associative temporaire ne peut servir que les deux premiers types autorisés.
Les boissons sans alcool
Eaux, jus de fruits, sodas, sirops, thé, café, chocolat chaud : ces boissons du premier groupe sont librement proposables. C'est le cœur de la plupart des buvettes de kermesse et de tournois de jeunes, et souvent le choix le plus simple à gérer.
Les boissons fermentées non distillées
Avec l'autorisation du maire, une buvette temporaire peut également servir les boissons fermentées non distillées : bière, vin, cidre, poiré, hydromel, ainsi que certains vins doux naturels. C'est le fameux « troisième groupe » que vous verrez mentionné sur les formulaires de demande.
Ce qui est interdit : les alcools forts
Les spiritueux et alcools distillés (rhum, whisky, vodka, pastis, liqueurs, cocktails à base d'alcool fort...) sont interdits en buvette temporaire, sans exception. Même « juste pour le punch de la soirée » : un cocktail contenant un alcool distillé fait basculer votre buvette dans l'illégalité, avec des sanctions pénales à la clé pour les dirigeants. En cas de doute sur une boisson, abstenez-vous ou interrogez votre mairie.
L'autorisation du maire : la démarche pas à pas
Quand et comment faire la demande ?
La demande d'ouverture d'un débit de boissons temporaire s'adresse au maire de la commune où se tient l'événement (à Paris, Lyon et Marseille, adressez-vous à la mairie d'arrondissement ou à la préfecture selon les cas). En général, il faut déposer la demande au moins 15 jours avant la manifestation — certaines communes demandent un mois, voire plus en période chargée. Anticipez : une autorisation refusée ou arrivée trop tard, c'est une buvette sans alcool ou pas de buvette du tout.
La demande, par courrier ou via le formulaire proposé par votre mairie, précise en général :
- Le nom et l'objet de l'association, et l'identité du responsable de la buvette
- La nature de l'événement (kermesse, tournoi, concert, fête annuelle...)
- Les dates, horaires et lieu précis de la buvette
- Les groupes de boissons que vous souhaitez servir
Conservez l'arrêté d'autorisation et gardez-en une copie sur place le jour J : en cas de contrôle, c'est la première pièce demandée.
Combien de buvettes par an ?
Le nombre d'autorisations est plafonné : une association ne peut, en général, obtenir que 5 autorisations de buvette temporaire par an. D'où l'intérêt de planifier vos événements en début d'année et de réserver ces autorisations aux manifestations où l'alcool a vraiment un intérêt (repas annuel, fête de village), en gardant des buvettes 100 % sans alcool pour les autres. Des régimes particuliers existent pour les foires, salons et expositions : renseignez-vous auprès de votre mairie ou sur service-public.fr pour votre situation exacte.
Les interdictions à connaître : stades, zones protégées
Les enceintes sportives : interdiction de principe
La vente et la distribution d'alcool sont interdites dans les stades, gymnases et salles de sport. C'est le principe posé par le Code du sport pour protéger le public des événements sportifs. Une buvette dans une enceinte sportive doit donc, par défaut, rester sans alcool.
Il existe toutefois une dérogation municipale : les associations sportives agréées peuvent demander au maire l'autorisation de vendre des boissons fermentées (bière, vin, cidre) lors de manifestations, dans la limite, en général, d'une dizaine de dérogations par an, chacune de courte durée. La demande doit être déposée bien en amont — souvent plusieurs semaines à trois mois avant l'événement selon les communes. Là encore, le réflexe est le même : contactez votre mairie tôt et par écrit.
Les zones protégées
Autour de certains établissements (écoles, établissements de santé, lieux de culte, etc.), des périmètres de protection fixés par arrêté préfectoral peuvent restreindre ou interdire les débits de boissons. Ces périmètres varient d'un département à l'autre. Avant de choisir le lieu de votre événement, vérifiez ce point auprès de la mairie, surtout si la buvette doit proposer de l'alcool.
